Une Année, Une Photo: Tour de Corse 1987
Bernard Béguin & Jean-Jacques Lenne (BMW M3) © DPPI

Une Année, Une Photo: Tour de Corse 1987

07/01/2016

Après l’interdiction des Groupe B par la FISA, les voitures étant devenues trop dangereuses, 1987 voit l’avènement des Groupe A se confirmer, notamment lors du Tour de Corse. Bernard Béguin, vainqueur de la compétition, nous raconte ce Tour à travers son expérience.

« À la fin de l’année 1986, les accidents répétés des Groupe B et la disparition de Toivonen sur le Tour de Corse 1986 contraignent la FISA à mettre un terme aux Groupe B. C’était une bonne chose, car les voitures étaient effectivement très dangereuses. Ma victoire en 1987 coïncide donc avec l’avènement des groupe A.

 La nouvelle règlementation a clairement favorisé mon succès, mais ne l’a pas pour autant rendu aisé. Fin 1985, Porsche, chez qui j’étais pilote officiel, arrête son programme. Je signe alors pour une saison (1985-1986) sur circuit avec BMW. Dans la foulée, nous nous lançons dans le développement de la BMW M3 en rallye. Nous étions sur des délais très serrés. Nous n’effectuons nos premiers tours de roue en compétition qu’un mois avant le début du Tour de Corse 1987, aux Rallye des Garrigues et Rallye de Touraine qui comptaient pour le Championnat de France.

La veille du départ du Tour de Corse 1987, jusqu’à minuit, nous effectuons encore des essais sur les réglages des suspensions. Nous étions donc loin d’être favoris, notamment face à Lancia et leurs quatre roues motrices pilotées par Miki Biasion et Yves Loubet. Avec mon copilote Jean-Jacques Lenne, nous prenons cependant la tête du rallye dès la première épreuve spéciale, et la conservons jusqu’à l’ES5.

Dans celle-ci, un orage de grêle et de neige s’abat sur le Col de la Vaccia. Des conditions dantesques, que nous affrontons en pneus slicks, car c’est seulement sur la ligne de départ que ça commence à tomber. J’ai vraiment pensé que nous perdions la Corse à ce moment-là. En deux roues motrices, je pensais que nous ne pourrions pas monter le col. Nous y parvenons malgré tout, en conduisant très proprement, et ne nous faisons dépasser par Yves Loubet que quelques kilomètres avant la ligne d’arrivée.

Rétrospectivement, c’est justement là où je pensais perdre la course que nous la gagnons, en minimisant le temps perdu sur Yves. Le lendemain, Yves touche une bordure et crève. Nous attaquions tous les deux au maximum, cela aurait donc tout aussi bien pu être moi, mais ma prise de risque paye et nous passons en tête. J’ai ensuite eu suffisamment de marge pour gérer jusqu’à l’arrivée. Certainement un de mes plus grands succès, car comptant pour le Championnat du Monde, mais peut-être pas le plus intense, sportivement parlant, où ma performance au Tour de Corse 1982 (troisième place soufflée à Walter Röhrl) reste ma référence.

En 1988, nous devions revenir en Championnat du Monde ; mais le big board de BMW en a finalement décidé autrement, de peur que nous ne puissions pas rivaliser sur la neige du Monte-Carlo avec notre deux roues motrices. Pas de chance, le Monte-Carlo 1988 fût l’un des plus secs jamais courus ! Le Tour de Corse 1987 reste donc la seule victoire de la BMW M3 en Championnat du Monde des Rallyes. »

 

Podium :

  1. Bernard Béguin – Jean-Jacques Lenne (BMW M3)
  2. Yves Loubet – Jean-Bernard Vieu (Lancia Delta HF 4WD)
  3. Massimo Biasion – Tiziano Siviero (Lancia Delta HF 4WD)

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